Les chaînes de Renault Trucks vont tourner au ralenti au cours des prochains mois. Après Peugeot, Renault ou Bosch, c’est un autre pilier de l’industrie qui décide à son tour de mesures de chômage partiel pour répondre à une forte baisse des commandes.
Une semaine d’inactivité en janvier, une autre en février 2009 : la mesure a été annoncée hier par la direction de Renault Trucks (groupe Volvo), lors d’un comité central d’entreprise extraordinaire au siège de Vénissieux.
Elle s’appliquera à environ 4 600 employés (sur 10 400 en France) des usines de Vénissieux/Saint-Priest (moteurs, emboutissage de cabines), Bourg-en-Bresse (camions de plus de 16 tonnes) et Blainville, dans le Calvados (camions de moins de 16 tonnes).
Ils seront payés au moins 61 % de leur salaire net les jours de « repos » forcé. Si la situation ne s’arrange pas, Renault Trucks s’est donné la possibilité d’aller jusqu’à un total de quatre-vingt-dix jours de chômage partiel l’an prochain (dont les deux semaines déjà mentionnées).
« On refera un point entre décembre et janvier et on ajustera, selon l’évolution du carnet de commandes », précise Bernard Lancelot, directeur de communication de l’entreprise. « Notre but est vraiment de préserver l’emploi et nos chances d’être au rendez-vous de la reprise du marché, prévue en 2010. Nous n’avons pas l’intention de faire de plan social. »
L’entreprise est confrontée, comme tous les constructeurs de camions, à une baisse de la demande : le marché a accusé un recul général de 55 % fin septembre en Europe, par rapport à l’an dernier à la même époque. « Nous subissons les conséquences de la crise financière, poursuit Bernard Lancelot. Des clients cessent de passer commande. D’autres annulent les leurs, parce qu’ils pensent ne pas pouvoir les payer. » Selon lui, « la crise est arrivée plus brutalement qu’en 1993. »
A l’époque, l’entreprise avait décidé de mesures de chômage partiel similaires. « On était passé à une production de 90 camions par jour, contre 180 habituellement. » A titre de comparaison, l’entreprise fabrique actuellement entre 230 et 240 camions par jour, contre 310/311 avant l’été.
« Nous prévoyons de ralentir la production à 220 camions par jour en fin d’année », poursuit Bernard Lancelot. D’autres mesures d’économies sont en cours depuis l’été, comme la non reconduction de tous les contrats d’intérimaires.
Des comités d’entreprise se dérouleront lundi prochain dans chaque établissement pour définir quels seront exactement les personnels concernés par le chômage partiel.
Source : leprogres.fr